Archives de l’auteur Lagardère

Le Bossu

C’est le roman « LE BOSSU », de Paul Féval, qui a rendu célèbre en France, le nom de son héros, Henri de Lagardère, courageux, généreux, astucieux et magnifique. Il a été publié en 1857, d’abord en feuilletons dans le journal « Le Siècle » d’Emile de Girardin, et obtint aussitôt un succès considérable.

  • Le roman raconte la lutte d’Henri de Lagardère, chevalier pauvre et sans appui, contre le prince de Gonzague, riche et puissant seigneur, cousin du futur Régent. N’ayant pu éviter l’assassinat du duc Philippe de Nevers par la prince de Gonzague, dans les fossés du château de Caylus, Lagardère a recueilli en secret son enfant, la jeune Aurore.
  • Dénoncé par Gonzague comme étant l’assassin du duc, Lagardère gagne l’Espagne où, durant dix-sept années, il s’oppose aux desseins du prince de Gonzague. Il utilise la « botte de Nevers », terrible passe que lui a enseignée le duc de Nevers avant de mourir, pour frapper les spadassins envoyés pour tuer l’enfant.
  • Aurore constitue en effet l’ultime obstacle empêchant Gonzague, époux de la veuve de Nevers, de disposer de la fortune du duc. A l’âge de vingt et un ans, Aurore est ramenée à Paris par Lagardère qui, ayant juré à Philippe de Nevers mourant de le venger, mène, déguisé en bossu, son enquête à l’hôtel de Gonzague.
  • Lorsqu’il découvre l’identité du meurtrier du duc, le bossu redevient Lagardère, force le prince de Gonzague à se démasquer sous les yeux du Régent et le tue en duel.
    Aurore, retrouvant sa mère et sa fortune épouse son protecteur élevé au titre de comte de Lagardère par le Régent.

Le Bossu, au-delà d’un simple roman de cape et d’épée, présente une violente satire tant de la Régence que de l’époque contemporaine de l’auteur. Tout en stigmatisant le système de Law) révélateur de la déchéance de la noblesse au XVIIIe siècle, Féval dénonce avec un humour mordant l’agiotage faisant fureur sous la Monarchie de Juillet et lors des premières années du Second Empire.

C’est toutefois à son intrigue purement fictionnelle, parfaite illustration de ce que représentait l’attente d’un public populaire, que Le Bossu dut son extraordinaire succès que les années n’ont pas entamé.

 

 

Paul Féval 1816-1887

Il est né le 30 septembre 1816 à Rennes.
Son père, royaliste et chrétien, originaire de Troyes appartient à la petite magistrature, il est conseiller à la Cour de la ville.
Sa mère, Jeanne-Joséphine-Renée Le Baron, est bretonne de la région de Redon.
La famille est nombreuse (cinq enfants) et les revenus insuffisants.
Son père meurt en 1827. À l’âge de 10 ans, il est interne au collège royal.
Durant ces années d’enfance, il séjourne à plusieurs reprises à Cournon en Redon, chez son oncle, le marquis de Careil.

  • Ayant obtenu son bac en 1833, il oriente ses études vers le droit, il passe sa licence de droit et devient avocat en 1836, mais abandonne rapidement cette profession, après une malheureuse plaidoirie. Au mois d’août 1837, il s’installe à Paris comme commis chez un oncle banquier, mais le monde de la banque et du commerce ne lui convient pas, car son oncle le chasse parce qu’il ne travaille pas. Il songe à la littérature, tout en exerçant de petits métiers qui assurent mal sa subsistance. Ses premiers écrits sont refusés par les éditeurs.
  • Des recommandations l’introduisent dans les milieux catholiques et royalistes, le Club des phoques est le premier texte publié en 1841 dans La Revue de Paris. Son talent est remarqué par des éditeurs de journaux tels La Législature et le Courrier français. Anténor Joly, directeur de L’Époque, lui passe commande d’un texte de même inspiration et de facture similaire aux Mystères de Paris d’Eugène Sue. Le projet original devait être une traduction des Mystères de Londres, mais le résultat n’étant pas publiable en l’état, Paul Féval doit procéder à une réécriture intégrale. La publication commence en 1843 sous le pseudonyme de Sir Francis Trolopp, le succès populaire est immédiat il y a vingt rééditions, la renommée de l’auteur est faite.
  • La carrière littéraire est engagée, suivent d’autres romans-feuilletons : Le Capitaine Spartacus, Les Chevaliers du Firmament, Le Loup Blanc.
    Féval qui est un conservateur ressent durement la Révolution française de 1848 : par ses écrits, n’a-t-il pas contribué à réveiller la conscience politique du peuple, et initié un mouvement qu’il réprouve.
    Il décide donc de réorienter sa production dans une direction plus neutre, et poursuit ses publications. 1857 est l’année où sort Le Bossu, roman auquel on l’associe encore de nos jours.
  • En 1854 il épouse la fille de son médecin, Marie Pénoyée, ils eurent huit enfants.
  • En 1863, il rencontre son homologue britannique Charles Dickens, avec lequel il noue des liens d’amitié.
  • En 1870, au moment de la défaite et de la Commune de Paris, il quitte Paris pour revenir à Rennes, quelques temps.
  • En 1876, Il renoue ostensiblement avec la foi catholique, après un deuxième échec à l’Académie française et des problèmes financiers dus à une popularité émoussée.
  • Féval s’est essayé à la plupart des types de roman : le roman de cape et d’épée avec Le Bossu, Le cavalier Fortune, Le Capitaine fantôme, le mystère de la ville avec les Mystères de Londres, les récits bretons La Belle étoile, La Première aventure de Corentin Quimper, le fantastique avec La Vampire, Le Chevalier Ténèbre. Il s’est aussi essayé au théâtre et même à l’histoire politique et judiciaire.
  • Se revendiquant breton, il utilisa abondamment les thèmes de la Chouannerie et des luttes politiques précédant l’annexion de la Bretagne.
  • Il a été un écrivain très prolifique, car son œuvre comprend plus de 200 volumes.
    Au début des années 1880, il est sujet à des crises d’hémiplégie et il est recueilli par les frères Saint Jean de Dieu, à Paris. Quasi-oublié dans ces dernières années, il va les consacrer à remanier son œuvre dans un sens plus conforme à la morale catholique. Il meurt le 8 mars 1887. (d’après Wikipedia)

 

Paul Féval fils (1860-1933)

  • Le fils a su en particulier exploiter les personnages de ses aînés pour leur faire vivre de nouvelles aventures : on lui doit ainsi la suite des aventures du Bossu : La jeunesse du Bossu (1934), Cocardasse et Passepoil (1909), Les Chevauchées de Lagardère (1909), Le Fils de Lagardère (1893, avec A. d’Orsay), Les Jumeaux de Nevers (1895, avec A. d’Orsay), Mademoiselle de Lagardère (1929), La petite fille du Bossu (1931). Il transforme ainsi en dynastie le nom de Pardaillan, en même temps qu’il tente de fonder une dynastie de plume.
  • Il s’est également inspiré de son père en écrivant Les bandits de Londres, qui n’est pas sans rappeler Les Mystères de Londres. Enfin, Féval fils a su exploiter l’autre veine à succès de son père, celle de la veine fantastique et vampirique, avec des romans comme Les vampires de la mer (1929), ou Le réveil d’Atlantide (avec H.-J. Magog, en 1923), mais ici, suivant l’air du temps, il modernise le fantastique, lui fait perdre la coloration gothique qu’il avait chez son père, pour le confronter à la science et au positivisme, ce qui fait de lui, de l’avis général, l’un des précurseurs de la science-fiction à la française.
    On lui doit ainsi la rencontre improbable de Cyrano et de d’Artagnan, dans d’Artagnan contre Cyrano (4 volumes, 1925) suivi de d’Artagnan et Cyrano réconciliés (3 volumes, 1928). Il a enfin publié Le fils de d’Artagnan (1914)et La vieillesse d’Athos (1930), ces deux dernières oeuvres n’étant que lointainement rattachées aux intrigues de la trilogie des Mousquetaires.
  • Plus généralement, Paul Féval fils a proposé une oeuvre de fantaisie, destinée plus volontiers à la jeunesse et sans grande prétention, qui emprunte à plaisir aux conventions romanesques de l’époque.

 

 

     

 

Films

  • 1913 Le Bossu (André Heuzé)
  • 1925 Le Bossu (Jean et H.Kemm)
  • 1934 Le Bossu (R.Sti)
  • 1944 Le Bossu (Jean Delannoy)
  • 1952 Le Fils de Lagardère (F.Cerchio)
  • 1955 Le serment de Lagardère (L.K.)
  • 1959 Le Bossu (André Hunebelle)
  • 1967 Lagardère, Le Bossu (2 épis.) (JP Decourt)
  • 1998 Le Bossu (Philippe de Broca)

 

 

Paul Féval s’est-il inspiré de l’Histoire pour développer son imagination ?

Il n’y en a pas d’indice.

Pourquoi, en 1857, Paul Féval a-t-il choisi ce nom, qui ne peut pas provenir de sa Bretagne natale… mais il situe l’intrigue dès les premières lignes au coeur pyrénéen de la Gascogne, dans la vallée du Louron et les impressionantes gorges de Clarabide (Hautes Pyrénées). Le « château de Caylus-Tarrides », dans cette vallée, serait une transposition du château de Génos (en ruines), dans la même vallée.

Henri de Lagardère est probablement un Gascon car le patronyme est bien lié au Sud-Ouest, même si le livre reste très évasif sur son origine. Dans « le Bossu », il est d’abord appelé « le petit parisien », avant même que l’on connaisse son nom : le chevalier de Lagardère qui, comme son surnom l’indique, vit dans la capitale.

En 1934, Paul Féval fils, dans « la jeunesse du Bossu », en fait le fils d’un modeste seigneur du Lavedan (sud des Hautes Pyrénées), et de la fille du duc de Gonzague-Guastalla.

 

Mais il y a bien des Lagardère, avant et après lui,  qui sont « montés à Paris ».

L’exemple de notre héros fougueux, entreprenant et avisé est bien digne de susciter l’enthousiasme, en particulier de ceux qui portent son nom…

Assemblée Générale de 2017

L’assemblée générale de l’association Lagardère s’est tenue le 13 août 2017 à 12h dans la salle des fêtes de Lagardère en présence de 38 adhérents  sous la présidence de Claude Lagardère ; 10 pouvoirs avaient été adressés.

Lire la suite

La difficile ascension des comtes d’Armagnac

Le comté d’Armagnac : A l’origine c’est le sud ouest du Gers autour de Nogaro, Aignan et Riscle. Il apparaît à l’époque carolingienne, mais doit correspondre à l’attribution d’un domaine à un Franc ou un Wisigoth nommé Hermann (Arminius, Armand). Il est ensuite attribué à un cadet des ducs de Gascogne, prénommé Bernard, et du Xème siècle au XIIIème, les comtes se sont appelés alternativement Bernard (Ours fort) et Géraud (Gérard : lance forte).

Lire la suite

Seigneurs de LAGARDERE (1578-1791)

Pendant 3 siècles (1270-1578), les seigneurs de Lagardère ont été des personnages de l’Eglise : abbé, puis évêque de Condom, puis son chapitre. Comme dans d’autres châteaux dépendant de l’archevêque d’Auch (Lamaguère), on peut penser que le château était confié à un capitaine qui a pu s’intituler « seigneur de Lagardère », à la tête de sa garnison. Mais il y a eu également des « seigneurs de Lagardère » dans le petit village (aujourd’hui disparu, sans reste ni souvenir de château) de Lagardère-Saint Mont, fondu actuellement dans la commune de Labarthète (près de Riscle, à l’extrême ouest du département du Gers).

En 1578, le château de Lagardère passe à des nobles seigneurs laïcs, jusqu’à sa vente en 1791 à un riche habitant du village.

Lire la suite

Les guerres de religion, autour de Lagardère

Le château de Lagardère, fondé au XIIIéme siècle, et dépendant des évêques et du chapitre de Condom, a surtout eu, au cours de la guerre de cent ans, un rôle de refuge et de défense du pays environnant vis-à-vis des bandes armées et des brigands qui sillonnaient la campagne. A la fin du XVéme siècle, le calme est revenu, mais dès la première moitié du XVIéme siècle, avec l’épanouissement de la Renaissance, s’annoncent tout une série de guerres civiles meurtrières qu’on nommera guerres de religion.

Lire la suite

GERAUD V

Géraud V, qui est à l’origine du château de Lagardère, est un homme du XIIIème siècle, l’époque de Saint Louis, des dernières croisades, après la fin de la guerre des Albigeois. Alors que le roi d’Angleterre tente de reprendre en mains son fief français de Gascogne (on va bientôt parler de Guyenne) et que la royauté française s’installe à Toulouse avec l’intention d’affirmer son contrôle sur la région.

Lire la suite

Prince Noir

Edouard, qui ne sera appelé Prince Noir que plus de deux cents ans plus tard, est né à Woodstock, près d’Oxford en 1330. Il est le fils aîné du roi Edouard III d’Angleterre et de la reine Philippa de Hainaut. L’ambiance en Angleterre est tragique. En 1326, sa mère Isabelle de France, aidée de son amant Mortimer, avait contraint son époux le roi Edouard II à abdiquer, puis l’avait fait assassiner. En 1331, Edouard III fait emprisonner sa mère et exécuter son amant Mortimer. Il se réclamera cependant de sa filiation maternelle pour prétendre en 1336 au royaume de France…

Lire la suite

L’église de Lagardère

Eglise paroissiale Saint Laurent, elle devint au plus tard au XVII° siècle annexe de Roques. Elle était desservie par un vicaire venu de Roques. Il desservait aussi Polignac (Gondrin). Actuellement, elle fait partie de la communauté catholique de Valence.

Saint Laurent était diacre (laïc chargé de gérer les biens mis en commun dans les premières communautés chrétiennes) du pape Sixte II, à Rome. Le pape fut décapité le 6 août 258 par l’autorité impériale, Laurent fut martyrisé quatre jours après, le 10 août, par le feu.

La légende s’est ensuite enrichie d’épisodes montrant le courage et la générosité du saint, rapportant qu’il fut immolé sur un gril, instrument que l’on retrouve à côté de lui sur les tableaux et statues qui le représentent. Un tel tableau (peut-être du XVIII°) est installé dans l’église, dans l’angle sud-ouest. Le 10 août (ou le dimanche le plus proche) reste la date de la fête du village de LAGARDERE.

L’église semble dater du XI° ou du XII° siècle (abbé Cazauran)

Elle est située sur un mamelon un peu à l’ouest de la « motte » (colline artificielle) du château. Construite en grand appareil (grandes pierres taillées), elle était de style roman, ce que les modifications ultérieures ont presque complètement caché. L’intérieur avait une vingtaine de mètres de long sur six de large.

Le chevet était plat, comme on en voit l’amorce sur les murs extérieurs (les pierres d’angle portent des marques des tailleurs de pierres). On peut penser qu’il était élairé par une étroite fenêtre axiale.

Le portail nord a été transformé plus tard, en réutilisant les matériaux romans. L’arc en demi cercle, actuellement brisé en ogive, était situé plus haut. L’archivolte montre encore trois séries de « pointes de diamant », avec à droite une rose à 6 pétales et à gauche une sorte de fleuron. L’arc actuel repose sur une base qui devait se prolonger en dedans jusqu’à l’ouverture du portail : à gauche, torsade avec damier en dessous, à droite, corniche ornée de fleurons non épanouis qui couronnent un damier.

 

Le « chrisme » (forme stylisée des premières lettres grecques du mot Christos) sculpté sur un marbre sans doute récupéré de ruines romaines, se trouvait sûrement au tympan du portail, sous l’arc roman, comme à l’église de Génens  (Montréal) . Il comporte les signes habituels : khi (X) et rho (P), sur lequel s’enroule un S latin . Les lettres alpha et oméga, accrochées au khi, se voient à gauche et à droite du rho. Le sens en est : Christos, Alpha Oméga, Salvator : Christ, alpha (début) et oméga (fin) de tout, sauveur. On voit en dehors du Chrisme un croix latine à droite et une autre à gauche. On ne connaît pas la signification des autres signes : P, E, 7, G et des deux petits cercles décorés.

A droite du portail, à une faible hauteur, une croix à branches égales, entourées d’un cercle peut avoir fait office de « borne » sur le chemin de Saint Jacques (le chemin principal passe un peu au nord, par Mouchan). Des fenêtres étroites devaient éclairer l’édifice, on en trouve peut-être la trace dans la sacristie actuelle. Le clocher mur doit reproduire celui de l’origine.

Le bénitier sur pilier, au milieu de la nef fait sans doute partie de l’église romane primitive. Il a été dérobé dans les années 1980. Un nouveau a été réalisé en 2016.

L’église a été profondément remaniée à la fin du Moyen-âge,

ou plus probablement au XVI° siècle après les destructions d’églises et de châteaux réalisées par les bandes huguenotes de Montgoméry, lancées sur la Gascogne à la  demande de Jeanne d’Albret (1569). Une abside semi-circulaire a été ajoutée, et le portail a été transformé : de roman il est devenu gothique, ogival, comme on le voit aujourd’hui, par cassure et

réajustement des morceaux de l’arc initial. Le chrisme à été déplacé au-dessus de la nouvelle ogive.

Est-ce à cette époque , ou plus tard qu’ont été réalisées la sacristie au sud, et la «chambre», au nord, prolongé par un hangar, pour les réunions municipales ?

On suit plus précisément au XIX° siècle la suite des opérations

grâce aux compte-rendus des délibérations municipales et aux archives diocésaines

En 1819, le conseil municipal demande l’érection de l’église de Lagardère en chapelle. Elle était, comme Polignac, plus au nord, une annexe de l’église succursale (paroissiale) de Roques, avec un vicaire permanent affecté à ces deux églises. Cette situation existait déjà au XVII° siècle. La transformation en chapelle devrait probablement assurer à Lagardère la présence sur place d’un vicaire permanent. Depuis 1849, d’ailleurs, le vicariat de Roques destiné à Lagardère et Polignac était vacant. La messe n’était célébrée que tous les quinze jours à Lagardère. Cette demande est renouvelée régulièrement en particulier en 1856 et en 1882, sans succès, devant l’opposition des habitants  de Roques.

En mai 1830, un devis de charpentier fait état de la rupture d’une poutre, et du pourrissement des lambris, lié à l’humidité des gouttières et à l’arrivée de la pluie le long du clocher (sans doute

par l’ouverture où passe la corde de la cloche). Le devis, approuvé par le préfet en 1832, les travaux ont été confiés par adjudication à Pierre Saint-Martin, menuisier à Ampeils (Valence).

En 1839, un nouveau devis prévoit de gros travaux :

« -élargissement de l’église par destruction du mur sud qui sera reconstruit en moellons : les pierres de taille ainsi récupérée serviront à « carreler les environs de l’autel, réaliser la marche où sont installée les balustres (chœur), et réaliser les nouvelles fenêtres ».

-carrèlement de l’église en pierres de taille (était-il auparavant en terre battue ?)

-ajouter deux croisées au deux existantes, au nord et au midi.

-exhaussement de trois pieds (un mètre), avec une corniche en tuiles canal à deux rangées. »

Après travaux, un complément de devis en mai 1840, prévoit

« -le carrèlement de la sacristie en briques (la sacristie avait du bénéficier de la récupération des pierres de taille du mur sud, puisqu’on voit sur des pierres d’angle de cette sacristie, au midi, des marques de maçon plus anciennes)

-l’exhaussement  a fait que le toit enveloppe maintenant la cloche, dont le volume sonore est assourdi : il est prévu de « monter la cloche »à l’ouverture supérieure du clocher. »

Une facture de février 1843 montre que les travaux, au moins ceux du plâtrier pour le nouveau plafond, ont été réalisés.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1843, la foudre tombe sur le clocher, et le détruit en partie, ainsi qu’une partie du toit de l’église et de la « chambre » qui lui est accolée au nord. Ce sont les habitants de Lagardère qui financent les travaux de reconstruction : sans doute le clocher a-t-il été exhaussé, lui aussi à cette occcasion, la cloche restant dans une ouverture inférieure. Le contrefort que l’on observe à l’ouest doit avoir été réalisé à cette occasion. 

Le long du mur nord, de l’ouest à l’est, il y avait la « chambre », premier lieu de délibération de la communauté de Lagardère, et  de la commune, puis le passage permettant l’entrée dans l’église, puis un « hangar de Saint-Joseph », continuant jusqu’à la première fenêtre de l’église au nord est. Le hangar sera détruit, et il ne restra que l’amban conduisant à l’enrée. La cloison de bois, puis de briques séparant cet emban du hangar a été ausssi supprimée.

Le mobilier (autel, chaire, statues, confessionnal, tableau du fond de la nef représentant saint Laurent avec son gril, récemment restauré) date du XVIII° ou du début du XIX° siècle.
D’autres travaux ont été nécessaires en 1863 (l’autel avait été déplacé dans la nef, pour préserver l’officiant des chutes de pierres), puis en 1872 (sacristie). La dernière restauration (peintures et aménagement intérieur) date des dernières années

le nouvel autel

Sous l’ancien régime l’assemblée communale dirigée par les consuls se tenait sur le côté nord de l’église, soit sous l’emban (auvent) plus grand que l’actuel, partant du chevet et allant jusqu’au portail dont il était séparé par une cloison de briques, soit dans la « chambre » adossée à l’église, à droite du portail, qui dispose d’une cheminée. Ceci s’est maintenu après la création des communes (1790) jusqu’à la construction de la première mairie-école en 1838.

Depuis le 25 janvier 1960, l’église et le cimetière de Lagardère sont inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

Récemment, l’église a été restaurée

Dans les années 1980, ce fut la réfection des peintures et l’assainissement du sol avec drainage le long des murs, à l’extérieur. L’humidité a cependant persisté.

De nouveaux travaux ont été réalisés en 2016. A cette occasion a été découvert un baptistère en pierre enterré parce que cassé en partie. La balustrade limitant le chœur a été enlevée. Un nouvel autel, en bois, et un lutrin, ont été réalisés par un artiste menuisier habitant la commune (M.Gabillon). L’ancien autel de la Vierge a été réinstallé contre le mur sud. Les fenêtres ont été munies de grillages pour empêcher les dégats des oiseaux. Les bancs ont été renouvelés.

L’église, parfaitement entretenue, fait partie de la paroisse de Valence. La messe y est célébrée une fois par mois environ, ainsi que le jour de la fête communale : pour la Saint-Laurent, le deuxième dimanche d’août.

vers l’est

vers l’ouest

 

 

Les chemins de Saint Jacques

Dès l’époque de Charlemagne (neuvième siècle), le pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle, à l’extrême nord ouest de l’Espagne, s’organise et prend de l’ampleur. C’est, avec Rome, le plus important pèlerinage vers un centre européen, dont l’intérêt ne s’est jamais démenti.
Progressivement, sous l’impulsion, au départ de l’ordre bénédictin de Cluny, des itinéraires balisés sont conseillés aux pélerins, avec des haltes (hôpitaux) prévues pour eux, et des postes de soins (infirmeries) en cas d’accident ou de maladie.

Quatre voies conduisent à St Jacques » écrit le Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud en 1130.Deux d’entre elles traversent le Gers :

  • la « voie de Provence », venant d’Arles, et de St Gilles, passe par Toulouse, Auch, Barran, L’Isle de Noé, Montesquiou, Maubourguet…
  • la « voie du Puy » part du centre de rassemblement du Puy en Velay, et après Conques, Cahors et Moissac, entre en Gascogne, atteint Lectoure, ville épiscopale, Marsolan, Abrin, Castelnau dur Auvignon, Condom, ville abbatiale puis épiscopale (en 1317).

De Condom, vers l’ouest, entre D15 et D277, elle traverse l’Osse au pont d’Artigue, continue par Montréal, Lamothe, Eauze, Manciet et Nogaro. Autour de cette voie principale, d’autres itinéraires secondaires étaient prévus :

  • la « Peyrigne », nord-sud, du gué de la Garonne à Lécussan ou Boé, jusqu’à Abrin, en passant par La Romieu ;
  • un passage de Condom à Eauze par Mouchan et Gondrin
  • un passage de Lectoure à Nogaro par « la carrere roumiue » : St Puy, Castéra-Verduzan, Vic-Fezensac, Lupiac.
  • une autre voie nord-sud utilisait la Ténarèse (ligne de partage des eaux entre le bassin de l’Adour et celui de la Garonne : donc sans rivière à traverser) par Ste Maure (Lot et Garonne) Lannepax, Lupiac, Miélan.

Lagardère se trouve ainsi enserré dans un réseau (voie du Puy, carrere roumiue, Ténarèse) de chemins de St Jacques. On peut penser que les pèlerins l’ont vu, sur sa hauteur, abordé, longé. Les pèlerins d’aujourd’hui avec leur curiosité pour les abords du chemin y viendront facilement. Et, depuis Lagardère, les étapes jacquaires sont proches : 

En allant vers Compostelle :

ABRIN l’hôpital en 1271 avait 69 couettes, 42 couvertures et 11 draps. Il subsiste la chapelle avec une belle porte romane et un enfeu (tombeau inclus dans le mur).

CONDOM : La vieille abbaye St Pierre de l’ordre de Cluny accueillait les pèlerins. Elle fut relayée ensuite par plusieurs hôpitaux : Notre Dame du Pradau, St Jacques de Teste, St Jacques de la Bouquerie, Notre Dame du bout du pont des carmes, l’hôpital Berenjou de Barbet.

L’église St Jacques de la Bouquerie a été restaurée en 1770 après une crue catastrophique de la Baïse. Elle conserve, au chevet, des restes de l’hôpital et la porte « du vœu de la peste »;

L’église Notre Dame du Pradau date de 1212. Elle est le seul reste, très remanié, de l’ancien hôpital. L’église St Barthélémy du Pradau, en vis à vis de l’hôpital, a une belle porte romane dite des « capots ». Elle est devenue musée d’art sacré.

La cathédrale St Pierre date du XVI° siècle, par transformation de l’ancienne église abbatiale. La ville est devenue évêché en 1317. C’est une église-forteresse dont l’intérieur, gothique tardif, a été plusieurs fois remanié au XVII°, avec un cloître gothique restauré au XIX° siècle.

Le PONT d’ARTIGUE était au XIII° siècle sous la responsabilité de l’ordre espagnol de Santiago qui installa tout à côté sa commanderie, aujourd’hui disparue. C’est un pont roman à cinq arches inégales, probablement construit avant le XIII° siècle.

BRETAGNE d’ARMAGNAC, bastide (appelée auparavant Villecomtal) avait un hôpital, dit de Cauffey.

LA ROMIEU, sur la Peyrigne, fut fondée autour de l’ermitage d’un pèlerin allemand : Albert vers 1080. Au XIV° siècle, le cardinal Arnaud d’Aux, y édifia la collégiale St Pierre, avec une nef unique de quatre travées, un chœur pentagonal et un cloître gothique remarquable. A côté, se trouve la tour carrée, ancien palais du cardinal.

MOUCHAN a une église romane à trois absides avectransept et nef dans le prolongement du chœur. La voûte est moderne et la porte romane au nord, a été murée. Curieusement, à la place de l’absidiole sud s’élève un bâtiment allongé avec arcades doubles au rez-de-chaussée, plus tard surélevée en clocher, témoignant d’une construction fortifiée, plus ancienne que l’église et que l’on a ensuite harmonisée avec elle. Sans doute s’agit-il d’une modeste chapelle plus ancienne (XI° siècle) qui, à cause de la vénération dont elle était entourée, a été conservée et intégrée dans l’église du XII°.

Du Puy à St jacques de Compostelle :

Les autres châteaux

Grands ou petits, les châteaux sont nombreux dans la région du sud du Lot et Garonne et du nord du Gers. Quand on se trouve dans le village de LAGARDERE, il suffit de se promener à pied ou à vélo (2 à 6 kms) si l’on ne craint pas les montées et les descentes … pour déjà découvrir de quoi s’émerveiller :

  • à 2,6 kms : vers l’est, après avoir atteint la D112, par « la fontaine des Jardins », on décroche à gauche de 200m pour prendre, à droite, la route (VO) de Pardeillan-Beaucaire. On arrive à PARDEILLAN. C’est là que s’est implantée la famille de Pardeilhan dans un lieu appelé alors Betbèze (Bellevue) car il domine la région vers le nord. Il reste d’imposantes ruines du XIV° et du XVI° siècles : un vaste quadrilatère, encadré d’épaisses murailles en grand appareil, en partie ravalées, qui constitue l’enceinte du château de la puissante famille des Pardaillan. Une porte gothique défendue par une cour carrée y donne accès. A l’angle s’élève une tour circulaire du XVI° coiffée d’un toit de tuiles.
    A l’intérieur des murs, le terrain, jadis occupé par des constructions est transformé en pelouse. L’ensemble laisse une impression de grandeur et de puissance. L’importante baronnie de Pardeillan franchissait la Baïse à l’est, mais n’a jamais inclus la terre de Lagardère.
  • à 3 kms, vers l’ouest, par la route D158, après la chapelle St Laurent, on arrive au village de ROQUES, avec ses 135 habitants, perché à 210 m, sur un ancien oppidum antique qui domine le cours de l’Osse. Il reste des vestiges d’anciens remparts et quelques belles maisons du XVIII° siècle dans un site spectaculaire d’où l’on domine la région.
  • à 4,3 kms, vers le sud, en prenant la route D112, puis la quatrième route à droite à partir du carrefour D112-D158, on arrive à JUSTIAN, petit village de 100 habitants dans la vallée de l’Osse. Il reste, du château des comtes d’Armagnac, un donjon carré du XIV° siècle de quatre étages abritant un moulin avec sa porte ogivale et ses archères. C’était le château comtal situé le plus au nord du Fezensac-Armagnac, et l’on peut imaginer, dans l’ancienne église romane (dont les vestiges se trouvent à 2 Kms de l’église actuelle) l’importante réunion de la noblesse de Fezensac du 7 janvier 1285. Géraud V (qui ordonna la construction de Lagardère) avait réussi à temporiser…Juste après sa mort, son fils Bernard VI doit y confirmer les « coutumes » des nobles du comté de Fezensac, c’est à dire leurs privilèges…
  • à 5,3 kms, vers le nord, par la même route, mais en tournant à droite, et non à gauche, au dernier carrefour, pour tourner encore à droite au bout d’un kilomètre et parvenir ainsi au village, on arrive au château de MANSANCOME (ou Mansencome), fondé au XIII°-XIV° siècle par les seigneurs de Lasseran : la famille dont est issu Blaise de Montluc, l’homme d’armes des guerres de religion.
    Le château a été remanié au XVII° siècle et a pour base un quadrilatère, de deux étages, flanqué de tours carrées près des angles NO et SE avec des portes gothiques permettant par des escaliers extérieurs d’accéder aux étages. On y reconnaît des archères en « croix pattée ». Sa silhouette évoque ce qu’à du être le château de Lagardère avant son abandon.