las Houns

LARTIGAU,    LAS HOUNS

 

Sur le cadastre de 1816, à Lartigau, on trouve une seule maison (C304). Je propriétaire en est Jean Marseillan, natif de Bezolles. Il tient sans doute sa propriété de sa femme Antoinette Planté, fille de jean Planté (1750-1810) et de Jeanne Ladevèze, épousée au Bouscau en 1743, morte à Lartigau en 1833. Jean Marseillan est enrôlé dans les armées napoléonniennes et meurt en 1813 à Eisenach, en Allemagne (Thuringe). Son fils Arnaud, né en 1809, est lui aussi soldat. On perd sa trace. Il n’est plus mentionné à Lagardère. Il a aussi une fille : Catherine, qui épousera en 1839 Nicolas Desbarats, de Mansencome. Elle non plus n’intervient pas à Lartigau.

Antoinette Planté, veuve, gère la propriété : une petite maison, trois pièces de terre labourable (C302, C305, C307), un jardin (C 306), une pâture (5 303), et une vigne (C 308). Autour il y a essentiellement les « bois de Lagardère », avec quelques pâtures (C 328) appartenant à Jean Desbarats, de La Campagne (Roques), de l’autre côté du Grésillon. Sur le cadastre de 1816, rien n’est signalé sur la parcelle C328, qui est une simple « pâture ».

Peu après, cette parcelle est achetée par Duprom (à Beaucaire), et Lana (à Vic), en indivis. On peut penser qu’il s’agit d’une opération réalisée pour exploiter la source thermale, qui devait être connue comme « bénéfique » dans la région. En septembre 1821 un accord est passé entre Antoinette Planté, veuve, et Joseph Lana, propriétaire, demeurant à Ampeils, pour quelques aménagements de la source :

« voyant l’utilité et l’indispensable besoin d’arrêter l’écoulement des eaux minérales par le jardin de ladite Planté, qui se trouve contigu à la fontaine nouvellement bâtie, a demandé l’autorisation ….de construire un mur ….pour contenir l’eau et la retenir à la fontaine…. ».

Antoinette Planté, se remarie en 1823 avec Etienne Lavernie, né à Lectoure (Vivès) en 1785. Leur fille Jeanne ou Josèphe (suivant les actes d’état civil), 1823-1899 épouse vers 1849 Guillaume Thore, né à Bezolles en 1813, qui deviendra ainsi propriétaire de Lartigau.

Autour de la fontaine, il s’effectue toute une série de travaux en 1829, réaménagés en 1830 et 1835 (répertoriés comme « augmentation » en 1828, « diminution » en 1830 : démolition partielle, « diminution » en 1835).

une baignoire

Samazeuilh,  vers 1838 écrit : « la commune de lagardère s’est enrichie depuis quelques années d’un établissement composé de huit baignoires, d’une douche et d’une buvette. Ces eaux sont minérales, nous affirme M.Pérès, maire ; l’analyse qui en a été faite par le docteur Capuron (2), au moyen de réactifs a indiqué la présence d’un alkali et du sulfate de magnésie ».

Lana, en 1841 devient seul propriétaire, mais sans doute vers 1840 vend l’établissement thermal à Joseph Bajolle, né vers 1815. Dans le recensement de 1836, il n’y a toujours pas mention de maison imposable autre que celle de M.Lavernie, à Lartigau. Ce n’est que nettement plus tard que Joseph Bajolle vient y habiter avec sa femme (Marie Dupuy), son beau-père (Joseph Dupuy, né vers 1790), son beau-frère François Dupuy (né vers 1932) et une servante. Or ils n’ont, semble-t-il, pas de terre à travailler, ils doivent donc s’occuper « des bains ». C’est à partir de 1861 que le terme « las Houns » apparaît sur les recensements, et Joseph Bajolle est qualifié de « propriétaire baigneur ».

A côté, à Lartigau même, la maison semble avoir été transmise à Guillaume Thore, mais en 1849 une partie a été vendue à Jean Baptiste Délas, résidant à la tuilerie de Pardaillan, qui la cède à sa belle-sœur Marie Fézas, épouse de François Délas, puis à sa nièce Amélie Délas (née en 1862 à Mansencome) avant de revenir à Guillaume Thore. En 1871, Catherine Thore, fille de Guillaume et de Jeanne Lavernie, épouse Joseph Lamaison, né à Eauze en 1841.  Joseph Lamaison devient propriétaire de Lartigau à la mort de son beau-père en 1893.

A las Houns, les recensements notent la présence de Joseph Bajolle jusqu’en 1876. Il doit mourir un peu avant 1880. C’est sa femme Marie Dupuy qui devient « chef de ménage » avec ses deux enfants Jean Marie (né en 1856), et Berthilde (née en 1859). Jean Marie n’est plus mentionné par la suite, mais c’est sa sœur, Berthilde, épouse de Gérard Laffargue, tailleur d’habits, qui y habitent à partir de 1891. Ils ne semblent pas avoir eu d’enfant. En 1899, la propriété passe de Berthide à Gérard Laffargue (mort de Berthilde ?). Il nest plus fait mention de « baigneur », mais de cultivateur et de tailleur d’habits… L’activité thermale avait-elle déjà cessé ? Il y aurait eu deux incendies en 1901.

En 1914, Gérard Laffargue vend « las Houns » à « Joseph Lamaison fils, à Lartigau ». En 1915, la maison est démolie et transformée en bâtiment rural. Ce Joseph Lamaison est le fils, né en 1873 de Joseph Lamaison, d’Eauze et de Catherine Thore.  Il épouse à Lannepax en 1900 Marie Espiau (de Bezolles). Ils ont deux filles : Elia, née en 1903, et Berthe, née en 1910. Lartigau passera à Berthe et son mari : Emile Joseph Broqué (né en 1906, à Maignaut), puis à leurs enfants : Gilles et Claude (1936 – 1998).

En 1992, Georges Courtès remarquait : « La visie des lieux réserve plusieurs surprises: le bâtiment regroupant  les équipements thermaux existe toujours ; à côté, creusées dans le roc, quatre vastes citernes où l’eau se trouvait enmagasinée. On peut deviner au rez-de-chaussée, orientées au midi, les anciennes cabines de bains, et à l’étage donnant sur une galerie – outre le logement du propriétaire des bains – quatre ou cinq chambres pour les curistes.  Deux sources convergent là : l’une ferrugineuse, l’autre sulfureuse, ayant les mêmes propriétés que les eaux du Castéra. On y soignait des maux identiques. »

La propriété sera ensuite vendue à M. Wassem, homme d’affaires suisse installé au château de Tilladet (Gondrin).